22/05/2005

Kèsekesasordou?

Qu'est-ce que ça sort d'où?
 
Nouvelle expression sortie à table par Monsieur mon beau-père, quand M'man, en décrivant un ex-joueur-de-foot-professionnel-recyclé-dans-l'horéca-local, nous a déclaré :
 
" C'est un Mistikêt'"
 
Un quouâââ?
 
" Un gars qu'a les couilles qui pendent plus bas qu' la quette."
 
- "J'ai une boule chaude et une boule fwoâde", bwitannise Wick Ashley, déçu  par le wepas wéchauffé au-micwo-ondes (dix-sept ans de vie commune en Belgique ne lui ont pas faire perdre son délicieux accent ni ses manières de table exécrables)
 
- "Et bien, bon appétit!" fais-je, enjouée
 
- "La vinasse est tiédasse", versifie Monsieur Bidochon père, dont les talents n'ont pas de limite, " y'a pas des glaçons kékepar?"
 
- "Essaie le congèl'", réplique-je, un brin ironique
 
( suit une série de borborygmes, impossibles à retranscrire)
 
Soudain, la Terre tremble : Bidochon père a repoussé violemment sa chaise vers l'arrière, et entreprend le long périple vers le frigo, comme s'il s'agissait de l'ascension vers l'Himalaya : son souffle devient rapidement court, sa respiration pénible, mais quinze minutes plus tard, les glaçons (jaunes) tintaient joyeusesment dans son verre de vin.
 
- "Et bien, Robert, tu en tiens une de ces conditions, ces moments-ci!, un vrai parcours d'obstacles, cette expédition vers le frigo!" (décidément, je suis très moqueuse, ce soir)
 
- "Ca me rappelle quand on faisait le parcours Vita derrière chez nous," soupire Raymonde, un brin nostalgique, "hein, Lapin, tu te souviens?"
 
( suit un éclat de rire général )
 
-" Ben quouââââ? "fait Raymonde, indignée, " siiiiiiiii, on l'a fait, le parcours Vita!!!"
 
( le Frangin et moi-même avons les côtes douloureuses, à force de les imaginer en tréning, à souffler et éructer le long du parcours Vita)
 
- "Avec le chien, mêêême!!!"
 
(  c'est là un bien douloureux souvenir, l'image de notre chère Bouboule, trottinant une dernière fois le long du parcours Vita, ses petites pattes fumant devant la Toyota brun
chiasse, d'où Robert et Raymonde "promenaient" leur chien...)
 
Chacun essuie discètement sa petite larme, et pour relancer la soirée, Raymond tonitrue :
 
- " Fé sètche, châle!"
 
Et Raymonde de rétorquer :
 
- "T'as qu'à te lever, Gros, chui pas ta Bonniche!"
 
 
 
 
 
 
 
 

01:07 Écrit par chouchou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/05/2005

Mes racines

Ce week-end, mes parents s'étaient invités à la maison.
Comme d'habitude, leur portemonétomètre chialait.
Mes parents, c'est les Bidochons, mais en chair et en os.
Enfin, surtout en chair...
 
Ils débarquent à bord de leur vieille Toyota brun chiasse, qui a l'air de faire le poirier, vu le surpoids à l'avant (j'ai dit à Môman de se mettre à l'arrière, pour équilibrer, mais sur la banquette arrière, c'est là qu'ils classent leurs archives, 25 ans de rappels et de mise- en- demeure-paiement-immédiat-sous-peine-de capture...).
 
Elle : lunettes de soleil noires même par tempête de neige, personne n'a vu ses yeux depuis vingt ans, cheveux en pétard (crêpés, soit-disant), la moue boudeuse depuis que Bardot l'a mise à la mode ( on croirait toujours qu'elle essaie de déloger avec sa langue un morceau de salami à l'ail coincé entre ses dents de devant, non, non, c'est la moue à la Bardot...).
 
Lui : c'est Elton John après une cure de cortisone intensive, et avant la transplantation capillaire, qui aurait piqué les chemises à fleurs du gros Carlos.
 
Enfin extirpés de leur engin diabolique, ils entreprennent  à pattes le virage dans l'allée qui mène à ma porte d'entrée (et ça fait des grands "pffffff" et ça pousse des gros "pouhhhh").
 
- Ah là là!!! souffle Raymonde en collant sa joue à la mienne (attention à éviter la monture dans l'oeil)
- Qu'est-ce qu'il y a, fais-je, affable?
- On a encore eu un chiant de dernière de minute, encore un peu on ne venait pas...
 
(note de l'auteur, à l'usage des non-initiés : Elton est prothésiste dentaire, et Bardot, ben, heu, elle l'assiste dans ...heu...l'ouverture de la porte d'entrée. Et par "chiant", il faut comprendre "client"...)
 
- Fait sètche, châle, bougonne Elton, ce qui pourrait être traduit par "il fait sec, ici", et il s'écroule sur une chaise, non, pardon, c'est la chaise qui s'écroule, pendant que je lui sers un whisky sur glace, avec "beaucoup de glace et beaucoup de whisky, hein, ne joue pas encore les rapiats ( avares)...
 
(à suivre)
 
 
 

14:02 Écrit par chouchou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/05/2005

Je te dis

...je te dis : souffrir par toi
n'est pas souffrir
C'est comme mourir
ou bien faire rire
C'est s'éloigner
du monde des vivants
Dans la forêt
voir l'arbre mort seulement
 
(moi qui entassait des souvenirs par paresse,
 ce sont tes vieux chandails que je caresse...)
 
-Vous l'avez bien connue?
-Oui..., oui, enfin, je veux dire, je l'ai bien connue, mais au fond, je n'ai jamais rien su d'Elle
-Elle était secrète?
-Non, elle parlait, elle écrivait, elle se livrait beaucoup, mais elle avait, comment vous dire, une face cachée...
-Une double personnalité?
-Non, pas double, plutôt : divisée, fragmentée, morcelée, comme vue à travers un prisme
-Et quel rôle a-t-elle joué dans votre vie?
-C'est la femme de ma vie
-La femme de votre vie?? mais je pensais que vous n'aviez eu ensemble qu'une très brève liaison
-En effet, oui, trop brève
-?? développez, voyons!
-Elle m'a aimé comme je n'ai jamais été aimé, comme personne ne m'aimera jamais plus, d'ailleurs..
-Mais, c'est bien Elle qui a rompu?
-C'est la Vie qui nous a séparés, c'est parce qu'Elle m'aimait qu'Elle m'a rendu ma liberté, c'est ce qu'Elle a dit, en tous cas
- Et, vous, vous l'avez laissé filer?
-C'est la seule erreur de ma vie, avoir laissé filer la femme de ma vie
-Vous êtes restés en contact?
-Oui, nous nous sommes d'ailleurs parlé il y a quelques semaines, nous reprenons toujours notre fou-rire au même endroit, juste là où nous l'avions laissé la fois précédente...
-Et...vous ne lui en voulez pas?
-Lui en vouloir? mais de quoi?? de m'avoir fait voir l'envers du miroir, de m'avoir fait faire le plus beau voyage de ma vie?
-Ah oui, et lequel?
-Le voyage d'un intrus à l'intérieur de lui-même
-Et vous en avez rapporté de jolis souvenirs ?
-Oui, l'envie d'être heureux
 
Je te dis : souffrir par toi
n'est pas souffrir
 
 
-

18:41 Écrit par chouchou | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |